Mercredi 23 Mai 2012

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L’ISO ratifie la norme OpenDocument format
Publié le 4 Mai 2006

Par Guy Hervier. Il a donc été à l'heure au rendez-vous. Le format de document ODF (OpenDocument Format) proposé d’abord par le projet OpenOffice.org, puis repris par l’OASIS, vient d’être ratifié par L’OSI (Organisation de Normalisation Internationale [1]) comme norme (ISO/IEC 26300) et l’IEC (International Electrotechnical Commission) sous la référence ISO/26300. Le vote de la commission en charge de cette norme, le JTC1 SC34 - 31 pour, 0 contre et 7 demandes pour apporter des commentaires – devrait permettre une publication de la norme selon la procédure « fast order », c’est-à-dire assez rapidement. Microsoft, qui soutient la norme Open XML et qui a rejoint la commission en mars dernier, a indiqué qu’il se s’opposerait pas à la normalisation d’ODF et garantirait l’interopérabilité. Cette annonce intervient à une période cruciale pour l’éditeur dans la mesure où il doit lancer avant la fin de l’année la version 2007 de son logiciel Office.

Séparer le contenu du contenant

Les données constituent le capital de l’entreprise, beaucoup plus que les logiciels qui servent à les gérer ou à les traiter. L’idée s’applique évidemment aux textes. Mais avec l’omniprésence dans nos activités quotidiennes des outils de traitement de texte et la position ultra dominante dans ce domaine, on avait finit par mélanger les deux : le contenant et le contenu. L’important étant évidemment d’être sûr que dans 50 ou 100 ans l’on soit toujours capable de visualiser des textes écrits aujourd’hui. Il est donc préférable que cela repose sur une norme plutôt que sur le seul bon vouloir d’un fournisseur.

La guerre des standards s’étaient cristallisée dans l’Etat du Massachusetts dont l’équivalent du DSI avait initialement soutenu le seul standard ODF à l’exclusion de tous les autres, mettant de facto hors jeu tous les éditeurs – dont Microsoft - ne supportant pas ce standard. L’administration de l’Etat américain a mis un peu d’eau dans son vin et Peter Quinn a quitté son poste de DSI en décembre.

Qui soutient ODF ?

Plusieurs applications de bureautique supportent la norme ODF dont les principales sont OpenOffice 2.0, StarOffice 8 de Sun et la solution Workplace d’IBM, mais qui représentent à eux tous moins de 10, voire de 5 % du marché. Malgré quelques succès fortement médiatisés, les incursions des logiciels libres dans ce domaine de la bureautique sont assez rares et leur présence reste modeste par rapport à celle de Microsoft.

En mars dernier, plusieurs acteurs s’étaient regroupés pour former l’ODF Alliance, une organisation visant à accélérer le processus de normalisation, faire un peu de lobbying auprès de différentes organisations, et assurer la promotion de ce format de fichier auprès des gouvernements et du secteur public. A peine deux mois après sa création, l’ODF Alliance fait état de 150 membres.

« L’approbation du format ODF par l’ISO marque une étape importante dans l’effort visant à aider les gouvernements pour garder le meilleur contrôle de leurs documents, maintenant et dans l'venir, considère Marino Marcich, directeur exécutif de l’ODF Alliance. Il ne fait pas de doute que le vote massif joue un rôle important dans l’adoption de l’ODF ».

Une difficulté supplémentaire pour Microsoft

Cette normalisation presque finalisée intervient à un moment stratégique dans le calendrier de Microsoft. L’éditeur s’apprête en effet à lancer la commercialisation d’Office 2007 prévue d’ici à la fin de l’année. Cette norme pourra constituer une difficulté de plus que va devoir surmonter l’éditeur. Ces difficultés peuvent être classées en deux catégories : celles liées à Microsoft et les autres.

Une fois normalisée par l’ISO, le format ODF pourrait bien être imposé dans les appels d’offres des marchés, publics ou non. « L’arrivée de l’ODF met en péril le monopole de fait de Microsoft sur les logiciels bureautiques (...), estime Louis Naugès dans son blog, entre autres Pdg de Microcost. Office représente près de 50 % des bénéfices. Les formats actuels, .doc et autres, vont disparaître avec l’arrivée de la nouvelle suite Office 2007. Ils seront remplacés par une version XML propriétaire, Microsoft Office XML Formats. Ce nouveau format offre de nombreux avantages par rapport aux solutions existantes, grâce à l’utilisation de XML. Office XML format reste cependant un format propriétaire, développé et géré par Microsoft, qui a demandé à l’ECMA de le reconnaître.

Dans la première catégorie, la principale difficulté pour Microsoft sera de convaincre les utilisateurs des versions antérieures – Microsoft 97, 2000 et 2003 – de faire le grand saut et de passer à 2007. Hormis l’acquisition d’une nouvelle licence, les entreprises doivent prendre en considération les coûts de migration, en particulier de déploiement et de formation des utilisateurs. Le logiciel marque une rupture assez forte par rapport aux versions précédentes. Soit les entreprises décideront de former leur utilisateurs ou elles prendront le risque que les utilisateurs perdent un peu en productivité pendant la phase d’apprentissage. Dans les deux cas, elles sont face à un coût.

Aussi élaborée et sophistiquée qu’elle soit, cette nouvelle solution n’est-elle pas surdimensionnée par rapport aux besoins d’une grande majorité des utilisateurs ? Par analogie, les chaussures de Nike, qui sont étudiées pour courir un marathon, sont plus souvent utilisées pour aller vider les poubelles. Pourquoi installer une nouvelle suite encore plus complète ? A-t-on besoin d’une Rolls pour aller faire son marché ?

Open Source et solutions en ligne

Même si elle reste encore modeste, la concurrence des logiciels libres peut faire état de quelques titres de gloire. En France, OpenOffice 2.0 a été choisi par des administrations pour équiper dans certains cas des dizaines de milliers de postes avec comme argument principal le plus faible coût.

L’autre concurrence, celle des suites en ligne qui s’exécutent dans le navigateur, est encore plus balbutiante, mais on ne sait pas vraiment à quelle vitesse elle va prendre son envol. Parmi les solutions techniques, on peut citer Writely – rachetée récemment par Google -, ajaxwrite, Rallypoint, Writeboard, FCKeditor. Dans la catégorie des concurrentes en ligne d’Office, on peut citer gOffice, ajax office, EyesOS ou Zoho. L’utilisation de ces diverses solutions, notamment en entreprise, pose encore de sérieux problèmes, mais la promesse est là.

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[1]Le nom ISO
Parce que le nom de l'Organisation internationale de normalisation donnerait lieu à des abréviations différentes selon les langues ("IOS" en anglais et "OIN" en français), il a été décidé d'emblée d'adopter un mot dérivé du grec isos, signifiant "égal". La forme abrégée du nom de l'organisation est par conséquent toujours ISO.

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Source: infoDSI.com