Samedi 19 Mai 2012

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Quel avenir pour le capital risque ?
Publié le 11 Juin 2009

20090611_03Comme le reste de l'économie, le secteur du capital a du faire face à deux crises majeures en l'espace de quelques années : l'explosion de la bulle Internet qui était plus particulièrement concentré dans les secteurs des technologies et la crise actuelle qui est beaucoup plus large et touche l'économie tout entière. Cet environnement ne va pas manquer de remodeler l'activité du capital risque allant vers une probable réduction des investissements. Une enquête réalisée par National Venture Capital Association (NVCA) et Deloitte Touche Tohmatsu auprès de plus de 700 capitaux risqueurs dans le monde confirme cette probable décroissance.

 

Le capital risque aux Etats-Unis, qui est en pointe et donne un peu la direction générale, est à la croisée des chemins. De nombreuses réussites américaines de premier plan comme Apple, Google, Genetech, Home Depot, Microsoft, Starbucks ou Cisco ont bénéficié de l'aide des capitaux risqueurs. Selon des chiffres publiés par la NVCA affirme que les entreprises financées par le capital risque entre 1970 et 2005 ont créé 10 millions d'emplois et généré 2 100 milliards de dollars de chiffres d'affaires représentant 17% du PIB.

 

Raison et motivation du capital risque

 

« Ce sont des chiffres impressionnants, commente Paul Kedrosky, Senior Fellow de la Ewing Marion Kauffman Foundation dans une note intitulée « Right-Sizing the U.S. Venture Capital Industry », mais tout le bénéfice de ces réussites n'est pas à porter au crédit du seul capital risque car ce dernier n'intervient que dans les premiers moments de développements de ces entreprises ». Par ailleurs, moins de 1% des 600 000 emplois créés chaque année (en période normale) sont dans des entreprises bénéficiant du capital risque. Sur les entreprises dont la croissance a été la plus forte pendant la période 1997-2007, seulement 16% ont reçu une aide financière du capital risque.

 

Pourquoi le capital risque existe-t-il ? Principalement pour deux raisons : parce que des activités nécessitent un investissement initial important (par exemple les secteurs IT, santé, énergie...) et que le rendement est plus élevé que celui des marchés financiers. Sur ce point les chiffres publiés par la NVCA concernant le rendement sur 1 an, 5 ans ou 10 ans sont sans appel.

 

Toutefois, l'environnement a assez largement changé ces dernières années entraînant une détérioration de la performance financière du capital risque. Paul Kedrovsky y voit trois raisons principales qui ont une certaine relation entre elles. D'abord, le montant d'investissement provenant du capital est peut-être trop élevé. Ensuite, les possibilités de sorties à l'occasion desquelles le capital risque récupère sa mise se sont singulièrement raréfiées. Le nombre des introductions en bourse a été significativement moins élevé ces dernières années (33 par an dans la période 2004-2008 contre un peu plus de 50 avant l'explosion de la bulle Internet). Enfin, il est possible que, les marchés sur lesquels s'est largement développé le capital (IT, télécoms...) soient désormais matures et n'offrent plus les rendements d'antan. Par ailleurs les conditions générales (notamment liées aux technologies de l'information) font que le montant de capital pour lancer une start up est nettement inférieur à ce qu'il était il y a seulement une dizaine d'années.

 

 

La réponse est peut-être une réduction globale du montant des investissements. Celui-ci s'est établi aux environs de 30 milliards de dollars par an aux Etats-Unis à partir des années 98/99 alors qu'il était seulement de 10 milliards avant l'année 95. Paul Kedowsky pense que le montant global devrait retomber aux alentours de 12 milliards par an et d'un montant global de capital géré de l'ordre de 100 milliards de dollars.

 

La montée des clean tech

 

Cette réduction pourrait bien intervenir plus rapidement que prévu. En effet, selon une enquête réalisée par National Venture Capital Association (NVCA) et Deloitte Touche Tohmatsu indique que 51 % des capitaux risqueurs voient diminuer  le nombre d'entreprises dans lesquels elles projetaient investir en 2009 alors que 13 % pensent le contraire. « Alors que la récession a ralenti le rythme des investissements à court terme, elle pourrait bien accélérer l'évolution à long terme », explique Mark Jensen, partner chez Deloitte. « Et si les montants des investissements devraient diminuer, des secteurs comme les clean tech devraient rester très attractifs », poursuit Mark Heesen, président de la NCVA. De même les acteurs américains pourraient rechercher de nouveaux débouchés à l'international, ce qui augmentera donc la concurrence. Le capital risque devrait donc suivre le phénomène de globalisation.

 

63 % des décideurs interrogés pensent augmenter leur investissement dans les clean tech sur le 3 ans à venir. Viennent ensuite le secteur de la santé et des équipements médicaux (37%), les produits grands publics et la biopharma (24%) et le logiciel (22%). Les secteurs des télécommunications et des semiconducteurs viennent en dernier et présentent des perspectives relativement sombres.

 

Pour faire face à une réduction des opportunités sur les territoires nationaux respectifs, les capitaux risqueurs prévoient donc d'aller sur les marchés étrangers. Par ordre d'attirance, viennent l'Asie sans l'Inde (50 % pensent augmenter leurs investissements dans les 3 ans), l'Inde (43%), l'Amérique du Sud (36%), L'Europe (25%) et les Etats-Unis (17%). Cette évolution va donc accélération de la globalisation de l'activité du capital risque.

Source: infoDSI.com
Les commentaires
Interrogé sur le terme Capital risqueur ou Venture capitalist en anglais, Jean Marc Lopez commente : « Comme son nom français le signale, le risque de perte de l'argent investi est très présent, mais les perspectives de gain sont beaucoup plus élevées. Tout comme en bourse vous pouvez gagner 1000 ou 2000%... mais seulement perdre 100%... Par contre si vous n?êtes pas satisfait avec cette formule mieux vaut rester à l?écart de ces investissements et se diriger vers des placements de type obligataires dont le rendement est garanti ou investir dans l?immobilier sous certaines conditions favorables.

L'appellation anglaise, quant à elle, précise à la fois que l?investissement est destiné à financer le développement de l'entreprise avec une dose d'aventurisme (ce sont les deux sens du mot venture). C?est à mon sens la définition la plus proche de la réalité. Ces phases d?aventure peuvent représenter plusieurs rounds de financement selon le développement de l?entreprise et il n?est pas rare de voir des actions achetées 1 euro lors du premier round atteindre une valeur de 20 lors de l'introduction en Bourse.

Dans la phase de transition, l?entrepreneur est aidé par les sociétés de capital-risque. Les exemples sont infinis : Google, Amazon, Ebay, Hotmail? »

Jean Marc Lopez est président de A-Venture Capital. En 1990, il rejoint le capital-risque. Il fait le gros de sa carrière en private equity, avec en plus un parcours impréssionant comme trader sur les marchés, histoire de gagner en diversité d''expériences et en crédibilité. Mais également pour avoir une vision global des cycles économiques et financiers.
Par Phil le 2009-08-08 03:19:46